Ce mois ci nous vous proposons un retour sur deux entreprises qui ont occupé le devant de l’actualité.

Tout d’abord, le probable rachat de 60% du capital d’Havas par Vivendi et les nouveautés mises en avant par Google d’autre part.

 

1/ Le rapprochement Vivendi – Havas :

Sans grande surprise, a été annoncé le 11 mai le rachat par Vivendi de 60% des parts du Groupe Havas détenus par le Groupe Bolloré.

La transaction, financée en cash par Vivendi, représente 2,4 milliard d’€uros – soit une prime de l’ordre de 10% par rapport au prix du marché.Cette opération valorise Havas d‘environ 4 milliards d’€uros. Havas deviendra donc une activité du Groupe Vivendi au même titre que Canal + ou Universal Music.

Ce rapprochement permettra au groupe Bolloré de réduire sa dette et de se concentrer sur les activités de transports et de logistiques.

Aucun chiffrage des éventuelles synergies entre les deux entreprises n’a été présenté le 11 mai. Stratégiquement la réunion de ces deux géants du contenu et de la publicité se justifie par une complémentarité entre les deux entreprises. Le groupe Havas pourra mieux attirer les talents et Vivendi pourra bénéficier de l’expertise d’Havas en matière de gestion de la data et ainsi améliorer sa connaissance client. Cette stratégie s’inscrirait donc dans la tendances des grands groupes à se rapprocher d’acteur technologiques pour faire face à la concurrence Google, Facebook.

Les deux sociétés avaient collaboré dans le passé mais c’est la première fois dans le monde qu’une agence de publicité sera contrôlée par un diffuseur.

Deux risques majeurs sont alors soulevés : les chaines du groupe Vivendi (comme Canal+, Cnews, C8, CStar) pourraient être accusées par leurs concurrents (TFI ou M6 par exemple) d’être favorisées. De plus, ces chaînes pourraient connaître grâce à Havas les conditions commerciales proposées par leurs concurrentes. Dans ce cadre, l’union des annonceurs (UDA) a appelé à la vigilance.

 

2/ Les nouveautés Google

 Tout d’abord, Alphabet (la maison mère de Google) a affiché ses résultats financiers pour T1- 2017 qui montrent que le boycott anti Google lancé mi mars par les annonceurs du Royaume Unis n’a pas vraiment eu d’impact.

En effet, les recettes publicitaires de Google sont en hausse de 19% au premier trimestre (elles cumulent donc maintenant 21,4 milliards de dollars).

Google a présenté Google Attribution 360 qui a pour objectif de permettre aux annonceurs de mieux connaître le lien entre les campagnes publicitaires et les achats qui y sont directement liés.

Concrètement, le concept consiste à lier les adresses e-mails et les programmes de fidélité des acheteurs avec les données récoltées par les annonceurs grâce à Google (par exemple via Ad Words, Google Analytics et Double Click Search,).

L’objectif de l’initiative : développer la vue la plus complète possible pour mesurer l’impact des campagnes de publicité.

Ce nouveau service a soulevé des craintes concernant notamment le respect de la vie privée pour lesquelles Google a promis comme à son habitude de respecter l’intimité des internautes.

 

Par ailleurs, du 17 au 20 mai, à San Francisco s’est déroulée la conférence Google I/O 2017. Les principales nouveautés présentées par la firme sont les suivantes :

-Google Assistance : dépasse les limites de l’assistant vocal classique puisqu’il se veut également capable de soutenir une conversation avancée avec l’utilisateur

-Google Home : appareil connecté qui permet la diffusion de musique et qui pourra servir de relais à Google Assistance

-Les services Allo et Duo proposent une solution de communication texte, voix et vidéo (Allo pour les communication instantanées et Duo pour les appels vidéos)

-Finalisation d’Android Nougat. La réalité virtuelle devrait jouer un rôle important dans ce nouvel OS via la plateforme Daydream.

-Android Instant Apps permettra d’ouvrir une application via un simple lien sans aucun téléchargement préalable

-Firebase produit des statistiques d’utilisations des applications

Par ailleurs, la firme a principalement mis l’accent sur l’intelligence artificielle via les bots et assistants et développe pour cela un module hardware – le Tensor Processing Unit – dédié spécifiquement aux applications de machine learning. Il s’avère 15 à 30 fois plus rapide pour des tâches de Machine Learning que des CPU Intel Haswell ou des GPU Nvidia K80.